L'accord de Montréal illustre l'isolement de Washington

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Chanbon
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L'accord de Montréal illustre l'isolement de Washington

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Source: France Info

MONTREAL (AFP)
11 Décembre 2005 10h45

189 pays se sont mis d'accord ce week-end à Montréal sur la poursuite de la lutte contre le changement climatique dans un cadre multilatéral, arrachant un consentement du bout des lèvres aux représentants de Washington.

Après un marathon de deux semaines sous l'égide de l'ONU, ils ont décidé d'avoir, pendant deux ans, des discussions informelles en vue d'"actions de coopération à long terme pour faire face au changement climatique".

Les Etats-Unis, qui ont rejeté le protocole de Kyoto sur la réduction des émissions des gaz à effet de serre, ne veulent pas entendre parler d'une extension des engagements de ce traité après son échéance en 2012. Ils ont menacé, dans la nuit de jeudi à vendredi, d'opposer leur veto au lancement de ces pourparlers préliminaires, craignant qu'ils n'ouvrent la voie à une négociation sur l'"Après-2012".

24 heures plus tard, après prolongation de la conférence et une ultime nuit de tractations, ils se sont finalement associés au consensus. Les Etats-Unis, qui n'ont publié aucun communiqué, n'ont pas expliqué leur retournement. Un haut responsable européen a souligné leur "isolement croissant" sur le dossier. Il a rappelé, devant quelques journalistes, qu'ils avaient "perdu progressivement" leurs alliés dans les négociations concernant le climat depuis leur sortie de Kyoto en 2001.


Signe des temps, deux des pays qui les soutenaient encore, Australie et Arabie saoudite, ont fait défection à Montréal. L'Australie a refusé, comme Washington, de ratifier Kyoto. L'Arabie Saoudite freine depuis toujours les négociations de l'ONU sur le climat, parce qu'elle redoute de faire les frais d'un abandon du tout-pétrole, une énergie très émettrice de CO2. Interrogée de son côté sur le revirement américain, la ministre britannique de l'Environnement, Margaret Beckett, l'a attribué à "l'ambiance et à la dynamique" des travaux.

Mercredi, le Premier ministre cnadien, Paul Martin, avait déclaré que l'effet de serre exigeait "une réponse mondiale". "Aucune nation ne peut s'isoler de la communauté internationale" face au réchauffement planétaire, avait-il lancé, en accueillant une centaine de ministres de l'Environnement pour les trois derniers jours de la réunion. "Ne prenons pas excuse de nos désaccords pour ne rien faire contre une menace planétaire", avait plaidé le lendemain Bill Clinton, dans une ambiance survoltée.

L'ex-président américain a été l'hôte des lieux pour quelques heures, officiellement dans le cadre des événements organisés par les ONG en marge de l'ordre du jour officiel. La conférence de Montréal, la plus importante jamais depuis l'accord de Kyoto en 1997, a rassemblé 9.400 personnes, deux fois plus de représentants d'ONG que de délégués.

Elle a été qualifiée d'"historique" par l'ONU et de "grand succès" par Mme Beckett, dont le pays exerce actuellement la présidence de l'Union européenne. Le ministre canadien de l'Environnement, Stéphane Dion, qui l'a présidée, s'est félicité qu'"un dialogue pour l'avenir ait été ouvert". Greenpeace a jugé que la "présence massive" des ONG environnementales américaines expliquait en partie ce résultat.

Le "dialogue", nom officiel des pourparlers préliminaires de 2006 et 2007, vise à faire revenir ultérieurement les Etats-Unis dans les négociations climatiques. Il cherche aussi à impliquer, dans l'action à long terme contre le réchauffement planétaire, les pays émergents comme la Chine et l'Inde qui ont ratifié le protocole, mais n'ont aucune obligation chiffrée dans le cadre de Kyoto. En attendant, les pays industriels parties prenantes à Kyoto se sont engagés séparément à Montréal, comme le protocole de Kyoto les y oblige, à étudier de nouveaux plafonds d'émissions polluantes qui s'appliqueront à l'horizon 2020.

© 2005 AFP
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