Quelques chiffres:

Production annuelle nette, par GW installé:
Nucléaire = 6.4 TW
Éolien = 2 TW
PV = 1.17 TW
Le facteur de charge des centrales à charbon, fioul et gaz et de ~19.6%, ce qui est normal, étant donné qu'elles
servent majoritairement avec l'appoint des barrages réservoir à pallier les variations de la demande, par rapport
aux prévisions établies.
La somme du thermique classique et de l'ensemble de l'hydraulique est de 53 GW, ce chiffre, à rapprocher de la production
nucléaire, indique clairement la limite absolue des puissances installables en énergies intermittentes.
Ce chiffre est connu, de l'ordre de 25% pour la France, qui a la chance de posséder 2 zones éoliennes non synchrones,
la zone atlantique-manche et la zone méditerranéenne.
C'est beaucoup moins pour l'Angleterre, l'Allemagne et l'Italie.
Le Danemark n'a plus installé une seule éolienne depuis plus de 6 ans, étant désormais en limite de possibilités
de régulation de son réseau.
Le même problème se pose à l'Allemagne depuis 2 ans ou de très gros projets sont stoppés.
Le coût du KW installé, du grand éolien est à peu près le même que pour les centrales nucléaires, à ceci près,
que les coûts de démantèlement, n'ont pas été pris en compte en France, dans le prix de vente de l'électricité nucléaire et que le
démantèlement d'une ferme d'éoliennes n'est, et de loin pas comparable.
La situation n'est donc pas mauvaise, mais limitée en expansion pour l'éolien, mais quid du PV qui n'a pas grand chose comme argument!
Pour résumer:
Toutes les énergies renouvelables intermittentes ont un besoin vital d'un support continu et majoritaire, qui doit être assuré
par le nucléaire, l'hydraulique, le fioul, le gaz, la biomasse ou le charbon.
Les faits sont têtus et l'Allemagne vient de les redécouvrir, pour le moment, elle compense la fermeture de quelques tranches
nucléaires, par le gaz et le charbon.
D'ailleurs il suffit d'aller voir ce qui se passe dans d'autres pays, Algérie et Maroc par exemple, qui ne manquent pas de
soleil, mais n'ont pas beaucoup d'argent à perdre, ils ont des projets très avancés de centrales nucléaires.
Après la mise en service de ces centrales, ils pourront, s'ils le veulent, installer un peu d'éolien ou de PV.
Ils ne mettent pas la charrue avant les boeufs.
Cette limite technique subie par les énergies intermittentes - je parle d'intermittence et non de renouvelable
qui n'est pas le problème - pourrait disparaître, si l'on savait faire du stockage à bon marché et encore à condition
que le coût global d'installation reste concurrentiel, ce qui n'est pas gagné.
Le Danemark et l'Espagne ont tenté cela à l'aide de sels fondus, les résultats financiers publiés ne sont guères brillants.
C'est donc une piste à suivre parmi d'autres, mais aucune n'est probante actuellement.
Parlons sous-sous:
Quelques chiffres sur l'EROI (Energie Return On Investment) le retour sur investissement en énergie:
Chiffres calculés sur les exploitations actuellement viables. Ces chiffres datent de 3 ans, sont généralement en diminution
aujourd'hui et ne sont bien sûr que des moyennes.
Il est évident que par exemple, dépenser 1T d'équivalent pétrole pour récupérer 1T de brut, il vaudra mieux rester couché!
Charbon: 50/ 1
Pétrole: 18/1 (tend en réalité vers 10-12/1 aujourd'hui)
Gaz: 10/1
Hydro-électricité: 11/1 à 260/1
Nucléaire: 1.1/1 à 15/1
Eolien: 18/1
PV: 3.75/1 à 10/1 dépendant du lieu, régions tempérées ou déserts de type saharien.
Il est couramment admis qu'en dessous de 3/1 l'activité n'est plus rentable.
Voici un tableau du coût de l'électricité par pays, en provenance de l'IEA (je crois), les prix sont en $, la TVA en jaune, en violet
les autres taxes. Ce sont exclusivement des prix appliqués aux particuliers.
Curieusement, le Danemark figure en tête suivie de l'Allemagne.

Et pour terminer, un graphe sur les cours prévisionnels du brut, graphe déjà un peu ancien, basé sur des prévisions
annuelles de l'IEA, pour les années suivantes.
On peut constater que les courbes publiées changent chaque année à la hausse.
Particulièrement après 2007, lorsque les analystes ont fini par admettre que le Pic était bien atteint.
