Source:Beinjing
Actuellement, cette province du sud-est déploie des efforts pour mettre en valeur ses ressources éoliennes auparavant catastrophiques. Dès cette année, la province travaillera énergiquement au développement de l’énergie éolienne avec le lac Poyanghu comme « zone optimale de développement ».

Le Jiangxi est l’une des provinces de l’intérieur du pays qui comptent le moins de réserves d’énergie primaire. Son charbon ne représente que 0,137 % de la totalité du pays et son énergie hydraulique exploitable, 1,5 %. Environ les deux tiers de ressources énergétiques non-renouvelables dont elle a besoin sont assurées par d’autres régions du pays. Dans la dernière décennie, pour satisfaire à la demande croissante suscitée par le développement économique, le Jiangxi a intensifié la production d’énergie aussi bien que l’introduction extérieure comme l’électricité de la centrale des Trois Gorges. Par ailleurs, il a réorganisé la structure énergétique pour diversifier la production, y compris l’exploitation de l’énergie éolienne qui est propre et renouvelable.
« La Chine est riche en ressources d’énergie éolienne et a un potentiel d’exploitation considérable », a dit Xie Changjun, président du conseil d’administration du groupe d’entreprises électriques Longyuan de Chine. Les ressources d’énergie éolienne sont surtout dispersées dans les prairies du nord, du nord-ouest et du nord-est, le désert de Gobi du nord-ouest, ainsi que dans les régions côtières et les îles de l’est et du sud-est. Dans l’ensemble, ces régions sont à court de charbon et d’autres énergies classiques. D’après Wu Guihui, directeur adjoint du Bureau d’énergie de la Commission d’État pour le développement et la réforme (CEDR), les ressources d’énergie éolienne exploitable du pays sont de l’ordre de 1 milliard de kW, dont 253 millions de kW sont à dix mètres au-dessus du sol et 750 millions en mer.
Ces dernières années, la capacité installée de production d’énergie éolienne a augmenté rapidement pour dépasser le million de kilowatts en 2005. Selon le « Programme de développement à moyen et long termes des énergies renouvelables » mis au point par la CEDR, dans les cinq prochaines années, la capacité nouvellement installée de production d’énergie éolienne devra atteindre à 3,3 millions de kW pour que la capacité totale atteigne 4 millions de kW en 2010, 10 millions en 2015 et 30 millions en 2020.
Encouragement politique
« La Chine encouragera davantage l’exploitation et l’utilisation des énergies renouvelables et développera vigoureusement les technologies de production d’électricité éolienne et solaire ainsi que d’autres énergies renouvelables », a dit Zhang Guobao, directeur adjoint de la CEDR, lors de la Conférence internationale de Beijing 2005 sur les énergies renouvelables tenue en novembre dernier.

Montage d'un groupe générateur dans une centrale éolienne à Urumqi. Photo: Wang Min
À fin de 2005, la CEDR a approuvé 18 projets d’application industrielle de hautes technologies des énergies nouvelles et renouvelables et leur a assigné environ 100 millions de yuans. Dans les plans quinquennaux des services concernés, la plus haute priorité a été accordée au développement de nouvelles énergies. L’électricité éolienne et l’hydroélectricité sont considérées comme les deux énergies propres qui s’adaptent le mieux aux conditions de la Chine. La production d’envergure d’électricité éolienne est le choix stratégique le plus réaliste pour résoudre la pénurie d’énergie du pays. Elle deviendra une nouvelle industrie aux belles perspectives commerciales, au lieu du moyen supplémentaire qu’elle était par le passé.
Les données montrent que les énergies renouvelables comme l’électricité éolienne représentent environ 10 % de la consommation d’énergie dans les pays développés, mais seulement 1 % en Chine. Pour remédier à la situation, le gouvernement chinois effectue davantage d’investissements dans la production d’électricité éolienne et encourage l’exploitation par de multiples canaux de financement. Par ailleurs, un représentant du service compétent a indiqué qu’il faudrait tenir pleinement compte du progrès technologique et accélérer la fabrication au pays tout en introduisant des technologies de pointe de l’étranger.
Le 10 août dernier, la CEDR a publié la « Circulaire sur les stipulations relatives à la gestion de la production d’énergie éolienne », définissant les normes de construction de la centrale éolienne et fixant le prix de l’électricité éolienne. Auparavant, le ministère des Finances et l’Administration nationale des affaires fiscales ont publié conjointement un document permettant de diminuer de moitié les impôts sur la production d’électricité éolienne.
Selon Zhuang Laiyou, économiste en chef et directeur du Bureau d’entreprises de la Banque de développement de Chine (BDC), dans les pays où la production d’électricité éolienne se développe avec succès, l’industrie de l’énergie éolienne a bénéficié de politiques préférentielles qui ont stimulé énergiquement le développement de cette industrie. La Chine peut s’inspirer de cette expérience. Les politiques préférentielles incluent l’allocation aux fabricants de matériel et aux investisseurs de projets, la réduction d’impôts et la subvention à la production d’électricité éolienne. La Chine élabore des politiques semblables.
L’exploitation de l’énergie éolienne a également obtenu de l’aide financière des services gouvernementaux tels que la BDC. Depuis le début de 2005, la BDC s’est engagée à fournir des prêts pour un total de 3,6 milliards de yuans aux dix projets de construction de centrales éoliennes d’une capacité installée totale de 686 200 kW du groupe d’entreprises électriques Longyuan (producteur pilote d’électricité éolienne), des compagnies d’investissement dans l’économie d’énergie de Chine, de nouvelles énergies, et de protection environnementale Huaneng (Huaneng New Energy and Environment Protection. Co., Ltd.), et d’autres.
« Pour un grand développement de l’énergie éolienne, nous devons élargir l’envergure de chaque projet et l’étendue globale du marché de l’énergie éolienne, sans oublier d’établir un mécanisme commercial d’investissement et de financement des projets et d’appliquer un système concurrentiel de taxation », a indiqué Wang Jixue, du Service de nouvelles énergies du Bureau d’études des programmes d’hydroélectricité et de ressources hydrauliques de Chine. Le gouvernement a formulé de nombreuses mesures favorables à l’exploitation de l’énergie éolienne ; pourtant, pour en assurer l’application il faut de nouveaux mécanismes de marché et un meilleur environnement légal selon Wang.
La Loi sur les énergies renouvelables est entrée en vigueur le 1er janvier 2006 ; il s’agit d’une politique industrielle préférentielle fournie sous forme de loi. « Les politiques et règlements auxiliaires seront publiés progressivement et le Programme des énergies renouvelables a été soumis au Conseil des affaires d’État et sera publié bientôt », a dit Xu Dingming, directeur du Bureau de l’énergie de la CEDR. Le directeur adjoint de la CEDR, Zhang Guobao, a révélé récemment que les lois et règlements liés aux énergies renouvelables seraient au nombre de douze et qu’ils seraient respectivement rédigés par la CEDR, le ministère des Finances et l’Administration générale de contrôle de la qualité, de l’inspection et de la quarantaine.
Dans le passé, des entreprises publiques s’occupaient de l’exploitation de nouvelles énergies et les entreprises privées n’étaient autorisées à la faire que sous forme d’actionnariat. Maintenant, la CEDR a promulgué des mesures de gestion des projets de concession d’électricité éolienne, y compris l’établissement, l’investissement et l’exécution des projets, baissant progressivement le seuil des projets de nouvelles énergies. Différant de la gestion qu’on pratique dans les affaires commerciales ordinaires, la gestion concessionnaire de l’électricité éolienne autorisée par le gouvernement est adoptée principalement dans l’exploitation des ressources minérales de propriété d’État ou la construction d’infrastructures publiques sous la surveillance du gouvernement. Évidemment, elle a pour but d’attirer des capitaux privés. La gestion concessionnaire de l’électricité éolienne unit les économies publique et privée en un mode où les entreprises assument les risques commerciaux de projets et le gouvernement porte les risques de changements politiques.
« Comme l’industrie de production d’électricité éolienne est à haute intensité technologique et que la demande de capitaux de démarrage est minime, les entreprises privées ayant un mécanisme de gestion flexible et un sens aigu du marché auront de belles perspectives de développement », ont indiqué des observateurs. Le 13 janvier 2006, 112 entreprises privées de l’industrie de nouvelles énergies de Chine ont créé la Chambre des nouvelles énergies de la Fédération nationale d’industrie et de commerce de Chine. Selon Li Hejun, président de cette nouvelle organisation populaire, la Chambre s’alignera sur la procédure internationale et promouvra substantivement le développement de l’industrie en Chine. La Chambre projette d’atteindre 300 membres dans les trois ans à venir.
Développement technique
Wang Zhongying, un des rédacteurs de la Loi sur les énergies renouvelables et directeur du Centre de développement des énergies renouvelables affilié à la CEDR, a indiqué qu’il faudrait faire de grands efforts pour réaliser la capacité installée de production d’électricité éolienne prévue pour 2020. Bien que cette production ait une histoire de vingt ans en Chine, il existe un grand écart par rapport à l’Europe, aux États-Unis et même à l’Inde quant aux technologies et à la gestion, a-t-il ajouté.
Selon Wang, le manque de personnel qualifié et de technologies de pointe a toujours été l’obstacle majeur au développement de l’industrie de l’énergie éolienne en Chine, surtout dans la fabrication d’équipement. Dans le passé, la Chine, toujours hésitante dans le développement du matériel de l’électricité éolienne, développait surtout de petits groupes générateurs et considérait l’électricité éolienne comme complément des grands réseaux d’alimentation. Toutefois, dans beaucoup de pays, on a mis l’accent dès le début sur le développement d’équipement puissant de connexion avec le réseau d’électricité. En Chine, 82 % de l’équipement de production d’électricité éolienne sont importés et très en retard sur leur producteurs. Le groupe générateur de 4,5 mégawatts a fait son apparition à la Foire industrielle de Hanovre en 2004, tandis qu’à la 3e Conférence internationale sur l’énergie éolienne et l’Exposition des énergies renouvelables tenues en novembre de la même année à Beijing, la Chine n’a exposé que son produit de 1 mégawatt.
Des spécialistes comme Zhang Laiyou estiment que la Chine ne devrait pas limiter son but à court terme à l’économie des ressources énergétiques et la protection de l’environnement, mais aussi accorder de l’importance à la fabrication d’équipement et à la maîtrise des techniques de pointe.
« Lors de l’adjudication de projet, nous pouvons exiger des soumissionnaires un certain pourcentage d’équipement de production chinoise. Par là, nous encourageons les compagnies transnationales à établir des usines en Chine et à transférer leurs techniques afin de diminuer l’écart entre la Chine et le monde dans les domaines de la conception, du choix de l’emplacement, de la construction et de la gestion.
Le coût de revient et la tarification influencent aussi le développement de l’énergie éolienne. Xin Jianfeng, directeur du service de planification et d’investissement de la compagnie d’électricité du Jiangxi, a précisé que le coût de revient de l’énergie éolienne se compose à 85 % de l’investissement immobilier. Pour la production d’électricité éolienne, un des plus importants goulots d’étranglement réside dans l’énormité de l’investissement préliminaire qui rend le coût de revient unitaire plus élevé que celui des centrales thermiques et hydroélectriques.
Selon Shi Pengfei, directeur adjoint de l’Association de l’énergie éolienne de Chine, le haut prix de l’électricité éolienne est l’un des obstacles au développement. « Il est impossible que les producteurs portent toutes les pertes dues au prix ; ils le feront inévitablement retomber sur les fabricants d’équipement en leur demandant de baisser le prix de produits et de diminuer les bénéfices », a dit Shi. De plus, les entreprises ont beaucoup de problèmes à résoudre pour entrer dans le marché d’électricité éolienne. Par exemple, la durée de service projetée de l’équipement est généralement supérieure à vingt ans. Pendant cette période, il est très difficile d’assurer le fonctionnement du matériel en tout temps et sans aucune panne. En cas de panne, les pertes seront considérables. L’entretien du matériel devient ainsi un lourd fardeau.
En outre, le développement de l’énergie éolienne est restreint par certains autres facteurs défavorables. Dans le lac Poyanghu, par exemple, plusieurs grandes zones de marais et d’oiseaux migrateurs protégées se trouvent dans des endroits convenables à la production d’électricité éolienne. « Dans ces zones, les conditions géologiques sont compliquées et les voies de navigation restreignent la construction de centrales électriques qui doit tenir compte de l’ensemble des conditions géologiques, de transports, de la protection environnementale et du raccordement avec les grands réseaux d’alimentation. Ainsi restreinte, la production réelle d’électricité éolienne sera relativement basse dans notre province », a dit Zheng Muchun, chef du Service d’énergie de la Commission provinciale pour le développement et la réforme du Jiangxi.
La plupart des experts jugent que, théoriquement, les réserves d’énergie éolienne et la quantité exploitable sont considérables en Chine. Pourtant, les grandes potentialités de marché et la faible base industrielle demandent que l’industrie déploie des efforts inlassables tant dans l’élaboration de sa stratégie, le développement de technologies, que la gestion et la prise de décisions politiques.

