
Perrine Faye
Agence France-Presse
Londres
Le Royaume-Uni s'est lancé le défi mercredi de devenir numéro un mondial en matière d'énergies renouvelables et de technologies à faibles émissions de gaz, faisant du changement climatique l'une des priorités du gouvernement pour les deux prochaines années.
Ces ambitions ont été dévoilées par le ministre britannique des Finances Gordon Brown lors de sa présentation du budget 2006-2007.
Ce qui compte avant tout, c'est que le combat pour l'environnement se fasse à l'échelle internationale, a-t-il assuré.
«Le changement climatique est un problème mondial qui demande des solutions mondiales», a souligné le ministre à la Chambre des Communes.
«Le monde développé a la responsabilité d'aider les économies émergentes à satisfaire leurs besoins en énergie sans nuire à l'environnement sur le long terme», a-t-il martelé.
C'est pourquoi le Royaume-Uni proposera à la Banque mondiale, lors de sa réunion de printemps des 22 et 23 avril à Washington, de créer un fonds de 20 milliards de dollars pour aider les pays émergents à investir dans les énergies alternatives et à être plus efficaces dans leur consommation énergétique, a annoncé M. Brown.
Le pays souhaite aussi prolonger et renforcer les programmes de réduction d'émissions de gaz dans l'Union européenne au-delà de 2012.
La deuxième ambition du Royaume-Uni est de devenir un leader mondial dans la découverte et le développement de nouvelles technologies réduisant les émissions de gaz carbonique.
Le pays appelle ainsi l'industrie à étudier les possibilités de mettre en application des nouvelles techniques de captage et stockage de gaz carbonique dans la mer du Nord, qui permettraient de réduire jusqu'à 90 % les émissions des centrales à gaz ou charbon, a expliqué le Chancelier de l'Échiquier.
«La Grande-Bretagne a une occasion unique de conduire le développement de toutes les technologies à faibles émissions afin de répondre au défi du changement climatique», a déclaré le ministre, en annonçant la création d'un institut de recherche dans l'énergie et l'environnement.
Le gouvernement veut enfin que les foyers et entreprises britanniques - qui produisent près de la moitié des émissions du pays - soient les plus efficaces et les plus économes du monde en matière d'énergie.
Il s'engage à réduire de 40 % la consommation en énergie des nouveaux immeubles, notamment via une meilleure isolation, et débloque une somme initiale de 50 millions de livres (100 millions $) pour développer les technologies permettant la génération d'énergies renouvelables (solaire, éolienne...) chez soi.
Il maintient la taxe spéciale sur l'utilisation commerciale et industrielle de l'énergie, qui a déjà convaincu plus de 10 000 entreprises de prendre des mesures pour réduire leurs émissions.
Le gouvernement encourage aussi l'usage de véhicules propres, notamment par des mesures fiscales les favorisant au détriment des véhicules plus polluants comme les 4 x 4, et s'engage à produire 5 % de son carburant de manière biologique d'ici à 2010.

