
Les États-Unis ont rejeté mardi à Montréal les initiatives de la communauté internationale visant à donner une suite au protocole de Kyoto sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre, suscitant la colère des écologistes.
Réunis dans la métropole québécoise jusqu'au 9 décembre dans le cadre de la Conférence des Nations unies sur les changements climatiques, quelque 10.000 délégués et membres d'ONG environnementales discutent des suites au protocole de Kyoto, qui arrivera à échéance en 2012.
"Les États-Unis sont opposés à toutes ces discussions", a déclaré lors d'un point de presse Harlan Watson, le chef de la délégation américaine, réaffirmant la position de son pays. Il a précisé que les Américains ne voulaient pas d'une approche incluant des "objectifs" et un "calendrier" pour réduire les émissions des gaz à effet de serre.Les États-Unis ont refusé de ratifier le protocole de Kyoto invoquant notamment que cet accord prévoyant la réduction de 6% des émissions de gaz à effet de serre par rapport à leur niveau en 1990, comprenait des mesures restrictives pour les pays industrialisés, sans contrepartie de la part des pays en voie de développement. Washington s'est doté en 2002 d'une politique pour réduire de 18% ses émissions, "sans avoir d'impact dévastateur sur l'économie américaine", a remarqué M. Watson qui a salué le succès des mesures mises en place par l'administration Bush.
Responsables de 25% des émissions à effets de serre avec moins de 5% de la population mondiale, les Etats-Unis misent sur des accords plus ciblés et bilatéraux, plutôt que sur un cadre international pour régler l'épineuse question du changement climatique. "Il s'agit d'une position irresponsable qui est erronée d'un point de vue scientifique.
Les preuves d'un changement climatique s'accumulent littéralement chaque semaine", a sermonné Bill Hare, directeur des politiques sur les changements climatiques chez Greenpeace. "Lors des discussions à la conférence, les délégués (des différents pays) disent qu'il y a plusieurs enjeux majeurs au programme, mais soulignent qu'il y a un réel problème: les États-Unis", a-t-il ajouté en qualifiant l'attitude de Washington de "politiquement irresponsable".Lors de son discours d'ouverture, le ministre canadien de l'Environnement Stéphane Dion, président de la conférence, avait déclaré: "fixons-nous pour objectif une approche du changement climatique, internationale, efficace, à long terme et plus large". Il faisait ainsi allusion à la nécessité d'associer les Etats-Unis et les pays émergents à un nouvel accord.
Le représentant de Greenpeace au Canada, Steven Guilbeault, a invité mardi le président de la conférence à "laisser les Américains de côté" pour assurer le "succès de la rencontre de Montréal".
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